Un bel exemple de greenwashing !

Par 16 octobre 2018 Humeur

Y – a pas un truc qui vous a choqué avec la nouvelle pub Danone ? Vous savez, celle qui ressemble à une pub Apple ou Levi’s avec des garçons et des filles stylées, des images léchées, des décors tendances…

Et surtout cette voix off qui dit en substance « on est la première génération qui sait tous les problèmes environnementaux et… c’est pas facile ». Alors bon, la première fois que je l’ai vue, je n’ai pas trop tiqué. Et puis ensuite, j’ai mieux écouté le message… « Je sais pour la fonte des glace, je sais pour la déforestation, je sais que j’achète trop de choses dont je n’ai pas besoin, je sais qu’une petite fraise en décembre c’est une grosse empreinte carbone, je sais que le lait maternel c’est mieux (sic !!!) »…

Le greenwashing, c’est quoi ?

Et là je me suis dit : ce n’est pas un peu gros leur histoire. Danone, c’est un énorme groupe industriel qui participe à l’outrance de la société de consommation, et ils viennent nous faire une petite leçon d’écologie bobo ? De l’écologie qui ne dérange pas trop, qui est plutôt dans l’air du temps, à la mode… Est-ce que cette pub ne serait pas le plus bel exemple de « greenwashing » qui existe ? Le greenwashing, vous savez ces messages ou ces actions écologiques qui viennent redorer – à moindre coût – le blason bien entaché d’une marque pas du tout vertueuse en matière d’environnement…

Alors, j’ai regardé de plus près les messages de la pub. Je vous passe les « petites fraises et la grosse empreinte carbone » comparées aux millions de mini fioles – en plastique ! – de lait aux probiotiques Actimel censé nous immuniser contre les microbes (re-sic !!!) vendues dans le monde. Je vous passe « le lait maternel qui est mieux », venant d’une marque qui commercialise les laits infantiles Blédina, Gallia… Et qui fait du forçing, en Indonésie notamment, pour que les femmes adoptent ces laits qui ne sont pas du tout adaptés à leur mode de vie, mettant ainsi en péril la santé des nourrissons comme l’a si bien montré l’émission Cash Investigation. Je vous passe la déforestation, la décroissance (hihihi). Mais la fonte des glaces, là, non je ne passe pas !

Une entreprise qui participe au réchauffement climatique et qui… le dénonce !

Danone, c’est quand même le groupe qui possède les eaux minérales Evian, Volvic, Badoit, La Salvetat… Des eaux en BOUTEILLES. Et qui dit bouteilles dit plastique. Qui dit plastique dit déchets. Et qui dit déchets dit réchauffement climatique (donc fonte des glaces !). CQFD. En effet, une équipe de l’université d’Hawaï vient de démontrer dans une nouvelle étude – publiée dans la revue Plos One – que des gaz à effet de serre sont notamment libérés quand les plastiques abandonnés dans l’environnement sont exposés à la lumière du soleil. Les auteurs de l’étude concluent en disant que cette découverte « apporte encore une fois la preuve qu’il faut arrêter la production de plastiques à la source, en particulier les produits à usage unique. Comme les bouteilles d’eaux minérales. La boucle est bouclée.

La pub termine sur une phrase : « Chaque fois que nous mangeons ou buvons, nous votons dans le monde dans lequel nous voulons vivre ». Sans blague ! Et bien c’est justement celui-ci notre message (et il ne va pas vraiment dans votre sens Mr Danone !) : la consommation est devenue un acte citoyen. Faites attention à ce que vous achetez, vous avez un pouvoir énorme de consom’acteur, servez-vous en !

L’acte de consommer est politique

Alors oui, la pub de Danone devrait être étudiée dans les écoles de marketing et de communication comme étant l’exemple ultime de « greenwashing ». C’est même tellement énorme qu’on se dit que c’est un fake. Que c’est le Gorafi qui est derrière tout ça. On imagine la tête du grand patron de la marque quand on lui a proposé cette pub. Il a dû se dire, « non, ils n’ont pas osé… » Et bien si. Ils ont osé. Comme de nommer l’ancienne directrice générale des affaires publique et de la communication de Danone, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire. Le Gorafi, je vous dis…

 

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